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…C’est vêtu d’un beau costume et d’une belle cravate africaine que Marc Wasterlain s’est présenté chez Peyo. Il a regardé ses dessins qu’il a finalement confiés à François Walthéry pour que celui-ci décide de son sort. On lui a montré les locaux, puis on lui a dit qu’on le recontacterait.
« Il fallait donc que je patiente encore un petit peu, le temps pour Josiane et moi de nous trouver un appartement. Heureusement, ma compagne avait quelques sous. Quand Monsieur Culliford est revenu de ses vacances à la fin août, on m’a alors prévenu qu’on me prenait à l’essai. Dans un premier temps, j’ai écrit des pages de textes et j’ai dessiné quelques Schtroumpfs. J’ai vite compris que je conviendrais…

je fus engagé Par Peyo pour remplacer Gos qui venait de partir…

Derib avait quitté le studio trois ans auparavant, en 1966. Il avait fait tout un album publicitaire de vignettes à coller. C’était pour L’Apprenti Schtroumpf. Et donc, ces vignettes devaient être transformées en images pour en faire des pages. Il fallait allonger les décors, ajouter des personnages ou les raccourcir.
Il s’agissait là d’un excellent travail pour se faire la main.
…J’étais payé au prorata de ce que j’avais fait ; ce n’était pas un salaire fixe mais je connaissais le montant de chaque page et il y en avait pas mal en commande… »
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Ca se passait admirablement bien avec François Walthéry. Il dessinait alors Benoît Brisefer. Chaque fois que je rencontrais une difficulté, il me donnait des conseils, nous explique Marc Wasterlain. C’était parfois terrible quand je ne parvenais pas à dessiner un petit doigt de Schtroumpf. Si ça ne plaisait pas à Peyo, il me le faisait savoir !
On travaillait à ce moment-là sur les dix dernières pages de l’album de Johan et Pirlouit : « Le Sortilège de Maltrochu« . Peyo traçait au crayon ses mises en page. Walthéry dessinait les personnages, et moi plutôt les décors. Je me rappelle que dans ces pages-là, un duel opposait Johan et Maltrochu. Peyo avait fait les lignes pour mieux montrer le mouvement des lames d’épées qui s’entrechoquaient. Mais moi, comme j’avais un décor à tracer à l’arrière, j’avais malencontreusement gommé une des lignes…

Peyo avait de temps en temps des crises terribles  !

Alors, là, c’était sacrilège ! Peyo a piqué une colère. « Mais enfin, pourquoi l’avez-vous gommée ? J’ai passé beaucoup de temps avant de trouver le bon mouvement ! » Catastrophe ! J’ai essayé de la refaire plusieurs fois mais ça ne lui allait jamais. J’en aurais pleuré. D’ailleurs, je me demande si je ne me suis pas finalement écroulé…
Peyo savait ce qu’il voulait. On n’avait pas de temps à perdre non plus parce que les commandes suivaient, nous explique Marc Wasterlain.
À part L’Apprenti Schtroumpf et Le Sortilège de Maltrochu, nous avons surtout travaillé sur des gags des Schtroumpfs : une commande d’un magazine féminin hollandais qui payait vraiment très bien…
C’est à ce moment là que je me suis cassé un bras et Lucien De Gieter a été appelé en renfort jusqu’au moment où j’ai pu reprendre le travail…

Walthéry, Peyo et Wasterlain (Collection Walthéry).

Marc Wasterlain et ses premières histoires dans Tintin et Spirou

Extrait de la Monographie de Marc Wasterlain

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