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Aujourd’hui, les écoles de bande dessinée existent un petit peu partout, mais dans les années ’60 il n’en était rien… Au C.A.D. plusieurs spécialisations étaient possibles… Certains étudiants se destinaient à la publicité, d’autres à la décoration intérieure, à l’illustration. Enfin, il existait aussi un cours de bande dessinée. Avec Philippe Pauwels, un décorateur de théâtre décédé depuis, nous avons été les premiers élèves de cette section.

Monsieur Goossens, un gars qui travaillait à la rédaction du journal Tintin, fut notre premier professeur. Il nous apportait des photocopies des planches de Tibet, d’Hergé ou encore de Mittéi pour ses décors.

Hergé appreciait beaucoup mon professeur, il lui avait même acheté des toiles.

Ensuite Jacques Muller l’a remplacé… C’était un peintre qui avait même exposé aux Etats-Unis. Il réalisait des toiles sur le thème du cirque. C’était un ami d’Hergé…
Ce professeur m’a astreint à des exercices complexes de perspective, comme par exemple un train roulant sur ses rails mais avec les poutres transversales au sol. Il fallait donc les calculer avec les poteaux qui portaient les câbles et qui étaient éloignés à intervalles réguliers décroissants… C’était vraiment loin de mes préoccupations… Mais on en retient toujours quelque chose, même si on se destine plus tard au dessin humoristique. Cette construction te reste en tête et, dès que tu l’as bien en main, tu n’éprouves plus trop de problèmes simplement parce que c’est acquis.
Afin d’obtenir notre diplôme, mes camarades et moi devions, entre autres, montrer nos travaux à un professionnel connu dans le monde de la bande dessinée.

Finalement Dino Attanasio a accepté d’être membre du juri !

Monsieur Goossens avait approché deux ou trois dessinateurs. Finalement, Dino Attanasio a accepté d’être un des membres du jury. Il est venu, a vu ce que j’avais réalisé et a estimé que ce n’était pas mal. On me l’a présenté. Il m’a dit qu’il cherchait un collaborateur pour l’aider parce que Lucien Meys venait de le quitter. Je lui ai avoué que j’étais encore incapable de faire certaines choses.
« Je t’apprendrai ! » m’a-t- il alors répondu…

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Ci-dessus, une des toutes premières planches de bande dessinée
de Marc Wasterlain (1966).

Au début, chez Dino Attanasio, Marc Wasterlain ne faisait que des lettrages, des fonds de décor. Dino dessinait toujours ses personnages parce qu’il avait la patte. Il le faisait soit au pinceau, soit à la plume. Tout dépendait des séries. Marc Wasterlain travaillait essentiellement sur Johnny Goodbye pour la revue flamande Eppo et sur Gianni Flash pour l’hebdomadaire italien Il Corriere dei piccoli. Jamais sur les Signor Spaghetti alors en délicatesse avec le Lombard.
Ses personnages étaient posés et Marc Wasterlain rajoutait les décors… Il a fait des centaines de pages de coloriage à l’ancienne, c’est-à-dire bleu de coloriage à la gouache…

Plus tard Marc Wasterlain a travaillé sur Modeste et Pompom…

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Dernière case de Alerte soucoupe,
une histoire complète de Modeste et Pompon (1967)

> Marc Wasterlain et le studio Peyo


Extrait de la Monographie de Marc Wasterlain

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Sauf spécification particulière, tous les dessins reproduits sur ce site sont copyright Marc Wasterlain